mercredi 14 novembre 2018

MedDRA & le Codage des Evènements Indésirables


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Les accidents de l’ère industrielle de la pharmacie posent la question de la mise en place d’une sécurité systémique dans ce domaine telle qu’elle existe dans les domaines du nucléaire civil, du spatial et de l’aérospatiale. La pharmacovigilance a pour objet la surveillance  des médicaments et la prévention du risque d’effet indésirable résultant de leur utilisation, que ce risque soit potentiel ou avéré. Elle constitue une garantie qui s’exerce tout au long de la vie d’un médicament. Elle s’inscrit donc dans la science relative à la détection, l'évaluation, la compréhension et la prévention des effets indésirables ou tout autre problème lié aux médicaments.

Par lettre du 26 janvier 2013, la Ministre de la Santé française a confié au Directeur Général de la Santé (DGS) une mission relative à la refonte des vigilances sanitaires. Cette mission a pour objectif d’identifier les moyens permettant de : faire des patients des acteurs de la politique de santé et de la sécurité sanitaire, en facilitant les signalements qu’ils effectuent ; promouvoir l’implication des professionnels, quel que soit leur mode d’exercice, dans le signalement des événements indésirables ; préciser le rôle des agences régionales de santé (ARS : Agences Régionales de Santé) tant pour le partage des signalements que pour la gestion des signaux et alertes ; optimiser le système d’information dans le sens d’une meilleure exhaustivité, d’une plus grande pertinence des signaux recueillis et de leur traitement, en formalisant les conditions de recours aux niveaux national et régional ; réorganiser la chaîne de traitement des signaux par les différentes agences nationales, au premier rang desquelles l’ANSM et l’InVS, en précisant l’articulation des compétences respectives ; clarifier les financements.

Les essais cliniques font partie des domaines spécifiques de management du risque. La vision transposée de Rasmussen (cf. Figure 3), replacée dans la vue générale de la pharmacovigilance, s’attache à souligner l’importance de la transmission d’informations au sein du système socio-technique, particulièrement dans la phase de développement du système, en l’occurrence dans la phase de développement clinique des produits de santé.


La pharmacovigilance est la surveillance des médicaments et la prévention du risque d’effet indésirable résultant de leur utilisation, que ce risque soit potentiel ou avéré.

Elle repose sur :
– le recueil des effets indésirables basé sur la notification spontanée par les professionnels de santé, les patients et associations agréées de patients et les industriels avec l’appui du réseau des 31 centres régionaux de pharmacovigilance,
– l’enregistrement et l'évaluation de ces informations, la mise en place d’enquêtes ou d’études pour analyser les risques, la participation `a la mise en place et au suivi des plans de gestion des risques,
– l’appréciation du profil de sécurité d’emploi du médicament en fonction des données recueillies,
– la prise de mesures correctives (précautions ou restriction d’emploi, contre-indications, voire retrait du produit) et la communication vers les professionnels de santé et le public,
– la communication et la diffusion de toute information relative à la sécurité d’emploi du médicament,
– la participation à la politique de santé publique de lutte contre la iatrogénie médicamenteuse (la iatrogénie médicamenteuse désigne les effets indésirables provoqués par les médicaments).

Les SARs, les réactions sérieuses, attendues qui ne sont ni fatales ni mortelles doivent déclarées dès que possible, mais pas au-delà de 15 jours civils (calendaires) après la première connaissance par le promoteur. En revanche les SUSARs fatals ou mortels, inattendus arrivant dans essais cliniques doivent être notifiés (par e-mail, téléphone, télécopie, ou par écrit) d`es que possible, mais pas au-delà de 7 jours civils après la première connaissance par le promoteur. Un rapport complémentaire aussi complet que possible peut suivre dans 8 jours calendaires supplémentaires. Le promoteur déclare, le fait, à l’autorité grâce au formulaire CIOMS-I (Suspect Adverse Reaction Reaction). Le moniteur devra s’assurer sur site que ces documents ont été réceptionnés et lus par l’investigateur. Ces notifications sont `a classer dans l’ISF (Investigator Site File).

Au-delà du projet concerné par l’essai clinique courant, il existe une communauté regroupant tous les acteurs de tous les protocoles qui sont conduits avec ce produit.

Une copie du formulaire CIOMS-I associé à tout SUSAR (Suspected Unexpected Serious Adverse Reaction) survenant dans l’essai clinique courant sera envoyée électroniquement par le promoteur `à cette communauté :
– à l’état membre dans lequel la réaction est arrivée,
– aux autres états membres concernés,
– à l’Agence (Eudravigilance CT Module),
– aux investigateurs et moniteurs utilisant le produit (dans les autres protocoles).

Le formulaire CIOMS-I comporte des informations codifiées en particulier la catégorisation de l’événement indésirable à partir du Verbatim du médecin investigateur. 

Ce codage des évènements indésirables répond à un standard édicté par les Bonnes Pratiques Cliniqus ICH. Il requiert l'utilisation d'un dictionnaire électronique disponible sous forme d'un logiciel certifié, le MedDRA. 

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Le MedDRA ou Dictionnaire Médical des Affaires Réglementaires (en anglais Medical Dictionary for Regulatory Activities) est une terminologie médicale standardisée développée par le Conseil international d'harmonisation des exigences techniques pour l'enregistrement des médicaments à usage humain (CIH -en anglais ICH pour International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use), afin de faciliter au niveau international le partage d’informations réglementaires concernant les produits médicaux à usage humain. Cet outil est utilisé par les autorités réglementaires et l'industrie pharmaceutique pendant le processus réglementaire, depuis les études pré-commercialisation jusqu'aux activités post-commercialisation, en facilitant la saisie des données, ainsi que leur recherche, leur évaluation et leur présentation. En outre, il s'agit du dictionnaire approuvé par le CIH pour la classification des évènements indésirables.

Initialement disponible en anglais et en japonais, le MedDRA est maintenant traduit en chinois, en tchèque, en néerlandais, en français, en allemand, en hongrois, en italien, en portugais et en espagnol. Le MedDRA est très largement utilisé à l'échelle internationale, y compris aux États-Unis, dans l'Union Européenne et au Japon. Son utilisation est actuellement obligatoire en Europe et au Japon pour les déclarations de pharmacovigilance.

Le dictionnaire MedDRA est organisé par disciplines médicales (SOC pour System Organ Class), divisées en groupes de termes de haut niveau (HLGT pour High-Level Group Terms), en termes de haut niveau (HLT pour High-Level Terms), en termes préférentiels (PT pour Preferred Terms) et finalement en termes de plus bas niveau (LLT pour Lowest Level Terms)2. De plus, le dictionnaire MedDRA contient des requêtes MedDRA standardisées (SMQ pour Standardized MedDRA Queries). Ces SMQs sont des groupements de termes qui se rapportent à une condition médicale ou à un centre d'intérêt définis.

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Les cas sont habituellement codés lors de la saisie des données au niveau le plus spécifique (LLT), et les évènements ou cas sont en général comptabilisés au niveau des PT. Les plus haut niveaux (HLT, HLGT et SOC) ainsi que les SMQs sont utilisées pour faire des recherches dans les bases de donnée, organiser les résultats et calculer des sous-totaux.

Le codage par une tierce partie indépendante est un gage de confiance et de neutralité dans le codage des évènements. Ce codage peut avoir des conséquences sur le traitement de l'information critique de sécurité et donc sur la sécurité du produit santé. 

Pour cette raison nous préconisons une indépendance de partie dans le traitement et le codage de ces informations de sécurité sanitaire. Un tiers de confiance, une block chain à même de ré-assurer les parties prenantes du promoteur pharmaceutique. 

Est-il possible de créer du sens par un processus d’intelligence collective qui dépasse les murs de l’entreprise productrice des produits de santé et ainsi faire émerger un processus de veille stratégique (Amabile, 1999) au niveau des parties prenantes (Laboratoires promoteurs, CRO Contrat Research Organisation et autorités de santé) ? Ce processus, (Arena et al., 2015), serait il apte à prévenir des évènements indésirables graves affectant des sujets-patients ? Mais aussi à détecter, prévenir ou attester de fraudes ou mauvaises conduites dans des essais inéthiques ; et ainsi maintenir la démarche de recherche clinique dans une « enveloppe de sécurité acceptable » ?

Tel est le défi sécuritaire des industries et du système de santé à l’horizon 2030 auquel nous
souhaitons prendre part.

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mercredi 7 novembre 2018

De la question des "Lobbyies"

Dans son ouvrage "Le prix de l'inégalité" Joseph E.Stiglitz (Ed.LLL, ISBN#978-2-918597-99-5), à la page 151, indique qu'aux USA, 3.100 lobbyistes travaillent pour le secteur de la santé, soit 6 lobbyistes par parlementaire. Le budget Lobby s'élèvait à 3,2 milliards de $ en 2011. Le but selon l'auteur est la recherche de rente. 



Dans le vocabulaire hôtelier, le terme lobby fait référence au hall d'accueil d'un établissement hôtelier. Pour ce qui nous concerne, il est un des lieux discret et anonyme où se déroulent les "cheap talks" des ajustements mutuels. Le terme « Lobbies » est selon moi un terme « valise » qui regroupe des réalités différentes d’influenceurs et de prescripteurs auprès d’un législateur. Le lobbying est un ensemble d'actions d'influence et de pression menées par un lobby pour défendre ses intérêts face à des institutions ou individus pouvant prendre des décisions qui pourraient l'affecter. Que ces réalités sont aussi variables d’un continent à l’autre, aux USA, les « lobbies » sont déclarés, patentés et leurs travaux rendus publics par la réglementation (ce qui explique la précision des données de J.Stiglitz). En Europe, les lobbies semblent opérer en « zone grise », au plan national ou européen. 

En France une enquête récente, dévoilée par le site Basta Mag pourrait s'apparenter à des "pharma papers". Elle indique que les laboratoires pharmaceutiques auraient depuis 2012 dépensé 3,5 milliards d'euros pour tisser 14 millions de liens d'intérêts avec des professionnels de santé. Pour autant, cela ne permet pas de parler de corruption mais plutôt de liens d'intérêts qui peuvent devenir des conflits d'intérêts "sous pression d'influence" .

Il apparaît, toujours dans cette enquête, que 19 % des députés français membres de la commission des affaires sociales de l'assemblée nationale auraient des liens actuels ou historiques avec l'industrie de santé. (source France Culture, en partenariat avec EurosForDocs, Bresta Mag et l'observatoire des multinationales ; https://www.bastamag.net/Les-Pharma-Papers-tout-ce-que-les-labos-pharmaceutiques-voudraient-vous-cacher)

Enfin, la nature des lobbies, et leurs positionnement intellectuel est différenciant. Que le but vertueux d’un « lobby » serait de fournir au législateur (dont les compétences ne sont pas toujours celle de l’Art qu’il réglemente) des compléments indispensables à la bonne rédaction d’un texte de Loi, ou une Directive. Il se fait que nombre des « lobbies » sont des représentants de consortia industriels alors qu’en l’espèce, une ONG se veut être l’émanation d’une voix citoyenne qui donne au législateur un point de vue « non rival » et « non commercial » de la matière qu’il légifère. 

Au total, les ONG seraient des « lobbies » à part entière, mais dont l’origine, le but et la position, les distinguent des « lobbies » industriels. En cela ils peuvent constituer un contrepoids citoyen dans l’édiction des normes et donc agir sur l’institution. Ce sujet fut abordé au sein de la communauté épistémique Intelligence in Life en 2017-2018 : « place des ONG dans la gouvernance globale et le multilatéralisme » par Nour-Eddine Bellabas, enseignant en droit constitutionnel à la faculté de droit de Montpellier.

samedi 3 novembre 2018

Programme de Formation en Développement Personnel des Acteurs Opérationnels en recherche clinique (CTAs, CRAs & Chefs de Projet)




La Promesse : Les stagiaires de ce séminaire disposeront dans le domaine d’une avance certaine et auront prise sur l’équilibre vie personnel le versus vie professionnelle.

La réussite d'un projet de recherche clinique est lié d'une part à des facteurs intrinsèques et d'autres part à l'acquisition d'une méthode qui permet à l'individu et à l'équipe de mieux vivre, de s'épanouir et d'atteindre les objectifs fixés dans le respect de la déontologie professionnelle et celui de l’éthique biomédicale. Notre programme de formation naît d'une volonté de diffuser à ceux qui le veulent des connaissances souvent jalousement gardées ou divulguées à un petit nombre. C'est pourquoi les stagiaires de ce séminaire trouveront des techniques qui leur seront utiles au plan opérationnel mais également dans la vie de tous les jours. Car les professionnels de la recherche médicale, ont choisi bien plus qu’un métier, une profession de foi, un mode de vie, des responsabilités incessibles.

Cin.Ops-BOOT CAMP TM 

vendredi 2 novembre 2018

KELLY Scientifique SUMMIT in Paris, Ecosystem Panel






« Yannick BARDIE, If there was one thing to understand and master for the life sciences community to be prepared for the future, what would it be?”

YB : Information Technologies (IT) have a tremendous impact on the organization ! They flatten organization chart by creating a complex organizational matrix (obvious in project management domain), becoming an out of boudaries ecosystem, where the piloting tool is the Information System (IS). An information system (IS) is an organized system for the collection, organization, storage and communication of information. More specifically, it is the study of complementary networks that people and organizations use to collect, filter, process, create and distribute data. Further, an information system (IS) is a group of components that interact to produce information.

The raising fact is that in the "New Economy" the added value of a company is catched, distributed and stored within this shared IS. In that perspective, the ecosystem is IS driven! 

But what is an ecosystem of affairs ? 

YB : an ecosystem: is a set of relations (vertical, horizontal and transverse; expresses or not formalized or not) between heterogeneous actors guided by the promotion of a common resource and an ideology which pulls the development of shared skills (ecosystematic skills). (Gueguen, Pellegrin and Torrès, on 2004) 

It should be noted that 1990s see (for the pharmaceutical industry as for other sectors) the increase of the practices of impartition (we can assimilate the impartition to the outsourcing or to the subcontracting.), of relocation (Rivard and Aubert, on 2015). This tendancy has the effect of increasing the complexity of the ecosystem of affair and could have an impact on the degree of fiabilisation this one, knowing the fact that pharma industry shoud remain (or become) Highly Reliable Organization (HRO). 

In this context, systemic safety of this extented organization requires the highest level of commitment of the collaborators as Kremer said in the so called "O-Ring Theory", theory that refers to Space Shuttle Challenger tragedy in 1986 (Kremer, M. (1993). The O-Ring Theory of Economic Development. The Quarterly Journal of Economics, 108(3), 551-575. Retrieved from http://www.jstor.org/stable/2118400). 

Moreover, out boudaries skills are required (Soft Skills, Mad Skills) in order for each project team member to imagine the possible becoming of the system (the ecosystem) and prevent serious event, misconduct or fraud.  And furthermore to warranty the future of the organization by it confidence growth from clients and  shareholders. 

One of these skills, concerns the ability to produce adequate behavior and decision in a context of complexity (due to ecosystem organizational matrix complexity) and uncertainty e.g. limited or sustantive rationality (Simon H.). This capability is called enaction! 

Enaction is a way of designing the cognition which puts the accent on the way the bodies and the human minds get organized themselves in interaction with the environment. The theoretical approach to the cognition according to the notion of enaction, named enactivism, was proposed by Gregory Bateson, Humberto Maturana, Francisco Varela, Evan Thompson, and Eleanor Rosch. It is close to the situated cognition (situated action) and to the embodied cognition and is designed as an alternative in the cognitivisme, in the computationalism and in the dualism of Descartes.

To illustrate what enaction is, let's take the example of the handyman described by the famous Claude Lévi-Straus :

"The handyman is capable of executing a large number of task diversified; but, unlike the engineer, he does not subordinate each of them to the obtaining of raw materials and tools, conceived and got for the measure of his project: His instrumental universe is closed, and the rule of its stake is to arrange always with the "ways of the edge", that is a set all the time finished by tools and by materials, heterogeneous besides, because the composition of the set is not in touch with the project of the moment, nor moreover with any particular project, but is the contingent result of all the opportunities which appeared to renew or to enrich the stock, or to maintain him with the residues of constructions and previous destructions. Thus the set of the ways of the handyman is not definable by a project (what would suppose moreover, as at the engineer, the existence of so many instrumental ensembles as kinds of projects, at least in theory); he defines itself only by his instrumentality, in other words and to use the language of the handyman, because elements are collected or kept by virtue of the principle that "it can help". Thus such elements are half particularized: enough so that the handyman does not need the equipment and the knowledge of all the building trades but not enough so that every element is forced to a precise and determined employment. Every element represents a set of relations, at the same time concrete and virtual; they are operators, but usable with the aim of any operations within a type".

As a conclusion, I would say that if your company wanna become the master, the leader on his ecosystem, you need to be as creative as the handyman by enacting the ecosystem to take the lead on the IS, by pushing out the boudaries of it and then Shake! Shake! Shake! shake your clients! Shake your candidates! And shake the organization! 

Thanks Kelly for confidence !

https://www.kellyservices.com/